ÉNIÈME JOUR DE GRÈVE ET DE MANIFESTATION AU CAP-HAITIEN

Le Cap se réveille au 4e jour de grève et de manifestation, connue pour sa quiétude notoire, la ville depuis 4 jours est méconnaissable. Le Cap est à la une, dernier espoir d’un renouveau haïtien ; alors que Port au prince est aux abois et la politique à genoux, il n’est resté que la culture et le tourisme du Cap, du Nord pour garder un tant soit peu l’éclat de ce pays.

Les rues sont désertes, on dirait une ville à l’ère apocalyptique où les cavaliers seraient ces leaders politiques qui s’acharnent à remettre la population dans les rues, sans l’ombre d’une seule goutte de contrôle. Les colonnes de fumée noire chatouillent un ciel bleu, qui n’est pas habitué à ce genre de tergiversations. Le passage des manifestants au rythme des raras sillonnent les rues une fois par jour, laissant les pneus enflammés sur la chaussée et la peur dans le ventre des paisibles citoyens.

Les revendications sont justes, on est d’accord là-dessus, mais paralyser la vie de la communauté est donc la vraie solution ? Le pays est déjà à l’agonie et il faut des actions concrètes pour améliorer le sort de la population, combien de manifestations de ce genre a-t-on déjà été témoin à travers le territoire ? Une centaine, sinon plus, depuis l’ère Jovenel et cela n’a toujours rien changé au contraire la situation n’a fait qu’empirer depuis. Il est absurde d’espérer des résultats différents avec un même comportement.

Les leaders politiques usent le Cap, comme ultime moyen de pression pour un gouvernement dont on n’est pas certain de la légitimité mais qui reste pourtant ferme au poste. Atrophier le Cap, constitue à présent à étouffer tout élan de repartir sur des nouvelles bases pour Haïti, à n’importe quelle partie du pays. 4e jour de grève on en a déjà marre et les conséquences se font sentir. Au lendemain de ces grèves et manifestations le bilan est assez lourd presqu’une dizaine de morts et blessés par balle pour une ville dont la principale force est le tourisme, la sécurité, la tranquillité et l’idéal d’une paix d’esprit n’existant qu’ici ; dans la cité Christophienne.

Le schéma de la pression populaire à travers les manifestations violentes ne fonctionne plus, cela n’a pas sauvé Port-au-Prince et cela ne le fera pas ! Faut-il que le Cap devienne Port-au-Prince pour sauver Haïti ? Tout le monde va, tout le monde vient au Cap, c’est la nouvelle mode, il est à présumer que les politique-ailleurs aussi, la capitale déchue, il est impératif de s’emparer du nouveau joyau de la nation. Assaut sur le Cap et sa tranquillité à coup de grève, de manifestation, de tirs sur les civils, de morts dans les rues, de pneus enflammés et de terreur massive.

À cela, il faut rajouter les pseudo-politiciens locaux de seconde qui s’enorgueillissent et applaudissent à coup de ‘’vive’’ ‘’à bas’’ grossissant la foule des manifestants. Félicitations, vous avez réussi ! À cela, il faut rajouter les pseudo-politiciens locaux de seconde qui s’enorgueillissent et applaudissent à coup de ‘’vive’’ ‘’à bas’’ grossissant la foule des manifestants. Messieurs, les pauvres gens n’ont pas de quoi s’acheter des réserves pour survivre à vos manigances politiques. Cette semaine, la ville ne danse plus, ne festoie plus, elle ferme timidement ses portes pour laisser passer la vague des politiciens désargentés qui sont frustrés du ‘’je m’en foutisme’’ capois quand il est question de politicaillerie, sans fondement.

Pour ceux qui pensent être au cœur d’un mouvement patriotique salvateur sans précédent, la question est simple : qu’est-ce qui changera au lendemain de cette grève ? Quelle acquisition aura-t-on fait ? Les mêmes choses qu’à l’accoutumée : quelques milliers de gourdes pour les militants politiques, des dizaines de morts sur la chaussée, des blessés à ne plus pouvoir les compter et la vie encore plus dure pour les plus nécessiteux. Qui viendra dédommager les familles de ces victimes, que feront ces leaders politiques de plus que la sempiternelle phrase : ‘’nous demandons justice pour les familles des victimes’’. Nous le savons tous, chacun d’entre eux à sa famille en terre étrangère et ne s’inquiète en rien de ce qui pourrait leur arriver, car l’enfer haïtien n’est pas pour eux, l’enfer, ce sont eux. Quand est-ce que les infrastructures détruites seront-ils réparés ? Simple, jamais !

Alendy ALMONOR

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