Cap-Haitien – Tremblement de Terre de 1842… 179 ans plus tard

L’histoire, un devoir de mémoire
Haïti, l’art d’oublier qui nous tue.

Pour commémorer les 179 années depuis le sinistre tremblement de terre qui a décimé la ville du Cap-Haitien le 7 mai 1842, l’ association Haïtienne de Géosciences (Géo-HASS) et Institut Supérieur d’Environnement et d’Aménagement du Territoire (ISEAT) ont organisé trois journées de réflexions, de formations et d’ateliers incluant des conférences sur les risques sismiques dans la zone, les 6 et 7 mai 2021 au Campus Henry Christophe de Limonade.

Le 7 mai 1842, sombre jour où la négritude s’endormit sous les décombres, la négraille pétrifiée sous ses lourds fardeaux, briquée, poutrée, mourant, morte et seule Notre Dame est debout. 179 ans plus tard, nous marchons sereinement sur une hécatombe sans le savoir, nous marchons insouciant au risque de devenir un jour où la terre, cette terre sous nos pieds pourrait nous appeler à elle, tous ensemble, d’un seul coup. Une blessure plus proche encore demeure celle du 12 janvier 2010, la terre a tremblé, rien que 35 secondes pour un carnage inégalé, rien que 35 secondes pour déluge de blocs, de poussières et de sang.


Haïti et les Haïtiens ont cet art d’oublier, cet art qui nous tue ! Nous avons déversé nos plus grandes larmes sur cette même terre infertile qui se nourrit d’hommes. 11 ans plus tard, qu’est-ce qui a changé ?
Nous avons tous vécu de petites secousses ces dernières années, le même constat d’affolement et de débandade des citadins vers les rues. Si avant le 12 janvier beaucoup ne savaient ce qu’était un tremblement de terre, aujourd’hui encore, ils demeurent ignorants et sots sur la façon de réagir. Nous perdrons encore beaucoup plus de vies dans le cas d’un séisme de grande magnitude si les gens affolés se précipitent dans les rues.
Nombreuses sont ces constructions à flanc de colline et mornes, nombreuses sont celles sur les ravins et au bord de mer ne répondant à aucun critère d’ingénierie. La misère mêlée à l’ignorance n’a cessé de nous faire battre les mortiers dans les mauvais pots. Ce sera une nouvelle punition du Bon Dieu la prochaine fois que cette terre, cette terre sous nos pieds aura tremblé, car la ville du Cap-Haitien n’est rien d’autre qu’un château de cartes.


Ce 7 mai alors un effort herculéen permit aux étudiants de l’ISEAT du Campus Henry Christophe de Limonade de rappeler à la communauté estudiantine du Nord que nous vivons sur une faille et que nos vies ne tiennent qu’à un fil en cisailles. Un moment de recueillement, d’analyses et de débat. Que faire pour sauver le maximum de vies la prochaine fois ? Voilà ce qui terrifie tant, cette prochaine fois impossible de placer dans le temps et qui fait de chaque seconde, une menace douce et silencieuse.


Plus de 300 étudiants des différentes universités du département étaient présents pour discuter, se familiariser et se conscientiser sur l’ensemble de concepts de ces catastrophes qui ne cessent de nous surprendre. À noter les différents thèmes de la conférence :

  1. Le risque sismique dans la région du Nord (caractéristiques et manifestations) 
  2. Histoire du risque sismique dans la région du Nord (Histoire du risque et de sa gestion).
  3. Prévention du risque sismique dans la région du Nord (actions, acteurs, enjeux et perspectives).


L’association haïtienne des Géosciences et l’Institut Supérieur d’Environnement et d’Aménagement du Territoire ont réuni dans les locaux du Campus Henry Christophe de Limonade des centaines de personnes et des autorités de la Protection Civile, des étudiants de l’École Nationale de Géologie et des grands noms du domaine ; Claude Prepetit (ingénieur Géologue Directeur du bureau de mines et de l’énergie), Louis Marc Pierre (Docteur en Géographie urbaine et des risques et catastrophes), Henricot Fleuristin.


Les étudiants de l’École Nationale de Géologie eurent à diriger les différents ateliers sur des sous-thèmes liés aux risques potentiels et les réponses à donner au niveau de sa maison, des écoles et autres milieux. Voilà des jeunes gens et des autorités jouant la carte de la préparation comme ils le disent en slogan de l’activité : « Les catastrophes ne sont pas des fléaux du Bon Dieu, il faut s’y attendre et se préparer ».

Une petite piqure de rappel pour secouer nos esprits évasés, dilatés par le verbiage politique, et les crises sociales de sécurité en criant AU DANGER ; LE MALHEUR NOUS GUETTE. Et Dieu seul sait que nous sommes loin, très loin d’être prêt pour affronter un nouveau cataclysme ici en Haïti.

Alandy Blaise

The Walking Dead

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