POLITIQUE, ENTREPRENARIAT ET MUSIQUE JACQUES SAUVEUR JEAN NOUS DIT TOUT!

Petites confessions de nuit d’un homme qui connaît Haïti sous toutes ses formes.

Un heureux hasard au niveau d’un restaurant du Boulevard du Cap-Haitien nous fit rencontrer l’image d’une haïtienneté pure, tenante et qui se prolonge dans un visage, dans un corps, dans une âme qui a livré de nombreux combats. As de la musique, pierre polie de l’entreprenariat, coup de cœur politique ; tout ça pour dire un nom Jacques Sauveur Jean.

Jacques Sauveur Jean : Jackito

Les yeux vifs dans les murs blancs du Cap-Deli, dans la plus pure simplicité du grand âge des adultes. Il eut à nous livrer ses mots sur des intentions claires ; se relancer dans la musique, maintenir son originalité et son style, mener un combat citoyen plus décisif, plus fort et plus puissant que jamais. L’homme revient de son silence et annonce la foudre !

Entre coups, il annonce un nouvel album BÒ KOTEW dont des morceaux tels que Mantalite, Enfidelite, Bò Kote w vont renouveler l’écho des ballades romantiques et suave qu’il a toujours permis d’exister. Ayant marqué tant de générations comme avec l’interprétation « Je l’aime à mourir », Jacques Sauveur Jean est une renommée nationale qui flotte au-delà des eaux, traversant les coulisses d’une diaspora haïtienne tentaculaire et indénombrable.

Aucune rive où se retrouve l’haïtienneté n’ait pas déjà entendu l’homme qui chante, qui secoue la tête, pleure l’amour, crie la joie d’une retrouvée et la tristesse d’une perdue (Comme nous le savons tous que les chanteurs de compas se représentent comme des coureurs de jupons qui demandent constamment pardon dans leurs morceaux. Est-ce par choix ou un inconscient collectif psychanalytique qui définit l’homme haïtien, l’artiste comme un homme infidèle, un bohème?). Nous avons toujours eu au niveau du compas tant d’hommes qui savent faire vibrer les fibres des cœurs. Et il le confirme et compte encore le confirmer, son talent de chantre ne s’est pas perdu avec l’âge, au contraire, il s’est mêlé à l’expérience.

Dans ses confessions, il remémore avoir travaillé avec tant d’autres grands noms du compas et de la musique haïtienne; Kéké Bélizaire, Jean Hérard Richard  »Ritchie », Nickenson Prudhomme, Fabrice Rouzier, Chedly Abraham, Michel Martelly, Choubou et bien d’autres. Il atteste cet amour d’avoir coopéré avec une élite pure et amoureuse du métier de chanter. Il avoue ne pas avoir fait école de musique, d’avoir eu une mixture de talent, de chance et d’efforts conjugués pour parvenir à devenir ce modèle qu’il est et que tant de jeunes voudraient devenir. Bien que nous regrettions de ne pas avoir eu le temps de demander son avis sur le « Rabòday » que certains musiciens considèrent comme la mort de la musique nous avons pu déceler sa volonté de véhiculer un message qui ne froisse point ou qui fasse dériver.

Entre temps SAKAPFET OKAP a eu l’ingéniosité de poser la question de l’encadrement des jeunes à travers la création d’une possible école de musique au niveau du Grand Nord a sa contribution ou d’une possible communauté artistique haïtienne. Imbu de cette idée de faire de nos jeunes de vrais musiciens professionnels et cadre, comme déjà s’efforcent de faire la CEMUCHCA et la Faculté De Beaux-Arts du Campus Henry Christophe de Limonade, il a avoué en comprendre l’importance autant que celui de la production agricole et promet d’y penser. Les difficultés étant nombreuses et les besoins immenses, Haïti a tellement de problèmes que personne ne sait où commencer, on essaie à chaque fois de tout faire et pour ne parvenir à rien.

Entre quelques sourires dans son regard perdu dans les idées qui semblent tourmenter les possibilités d’avenir du socle social haïtien, il promet de rester citoyen, aussi musicien qu’il l’était et qu’il demeure, aussi plongé qu’il l’était dans l’entreprenariat et qu’il demeure, aussi prononcé qu’il le demeure au niveau de la politique, car il avoue être un mélange de ce tout qui le rend citoyen et responsable. Celui de chanter son amour, celui d’agir dans la preuve de celle-ci et celui d’investir en même temps ; tout pour Haïti, car Haïti est sa maîtresse.

Entre aveux et volonté de combattre, désir de chanter l’homme ne s’est pas arrêté de rire, de croire. Il conseille par-dessus tout à la jeunesse de croire, surtout de croire qu’il existe une essence première universelle qui commande cet univers que nous foulons tous et que c’est cette énergie première et infinie qui ne cessera de récompenser ceux qui ont marché dans la droiture et l’amour du prochain. Nous avons eu les brèves confessions nocturnes d’un homme qui connaît Haïti et son peuple sous toutes ses formes ; dans l’art, la culture, le commerce et la politique et partout où elle se retrouve ; en ville, en campagne et à l’étranger.

Alandy Blaise

The Walking Dead

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